Ils se sont tués, tués à la tache pour arriver à un aboutissement qu'on laisse bien trop souvent derrière nous. Des livres, des pages qu'on a pourri par les notes, alors que la simple musique des mots permet de guérir les souffrances de l'ame.
Trop occupés, la tête pleine de sentiments obscures, de plaisirs amers. Métro, boulot, dodo, un coup d'oeil furtif sur le voisin, Le Monde feuilleté, laissé à l'abandon sur la banquette, on laisse toujours derrière nous ce qu'on a du mal à intégrer, ou à comprendre, pire ce qu'on préfére ne pas voir.
Paraît qu'on est trop nombreux à vouloir refaire le monde, y'a qu'en restant assis sur un banc de l'assemblée, pris entre les échauffements à droite et à gauche, qu'on peut arriver à faire changer les choses... Changer les choses, un bien grand mot, une main levée pour une loi votée. Et trois an plus tard une réforme dont nos contemporains n'ont rien à foutre.
Descendons dans la rue, mais y'a que la révolte sublime qui marche.
Ou alors s'essayer à un coup de pinceau, une note hors-du commun.
A quoi bon continuer si c'est la tête baissée?
On chérie nos cicatrices, une brulure au coin du pouce.



